Mardi 9 décembre 2008
C'est lundi, première journée de la semaine, celle qui vient après deux jours de pseudo-révisions. Première sensation au réveil, j'ai du laisser tomber un tube de glue sur mon lit, car il m'est presque impossible de me lever. Les minutes défilent et la volonté se trouve être une proportionnalité inverse. Après un très grand effort sur soi, le corps parvient à s'extirper de sous la couette et dans une tentative désespérée le froid ambiant tente de le faire retourner sous la chaude couette.
En moins d'une heure de préparation dû au retard pour se lever, une ombre se dirige d'un pas pas nonchalant vers le batîment abritant moult ennuis et baillements: l'université.
S'en vient le professeur (et de mathématique s'il vous plaît), qui a pour effet de créer des introspections primordiales, tel que: "Mais pourquoi je suis venu ce matin ?" et la réponse se profile toute bête et simple: pour savoir qu'il y'a un devoir la semaine prochaine. Ce qui a fini d'achever le moral dèja mourrant. L'esprit fait le compte: un devoir de math plus un devoir d'optique le même jour, à quoi s'enchaîne un partiel de chimie organique le lendemin, d'un coup dans les brumes de l'esprit une corde prend doucement forme, une corde sur laquelle on a envie de se balancer.
Après deux heures joyeuses ou l'on retiendra le thème principal "Devenir dépressif c'est facile", le corps harassé part penser ses plaies. Quelques heures passent somme toutes assez banales.
Viens l'envie sogrenue d'aller à la BU (entendez bibliothèque universitaire ou "Comment tout trouver sauf ce que l'on veut") pour aller réviser son premier partiel qui se trouve ne plus être qu'à 8 jours. Le seul sentiment qui règne, mis à part celui de se croire un travailleur studieux, est l'envie absolue de ne pas faire de mauvaises rencontres, mais surtout une seule en particulier. Le corps se mouve de nouveau vers une nouvelle destination, sur le chemin: une rencontre, de loin et pas à celle à laquelle on avait pensé, mais ce qui pourrait se trouver une mauvaise rencontre tout de même. "Courage fuyons" et la rue juste à droite est empruntée pour être sûr d'éviter toute rencontre.
Apparemment j'ai la chance avec moi, j'ai trouvé des livres qui pourraient m'aider et en plus une salle de travail est libre, évidemment puisque rien n'est parfait dans ce monde, il y fait une chaleur à crever malgré le fait que la fenêtre soit "ouverte" (J'entends ouverte par "ouverte de 5cm". Oui, dans notre fac la peur du suicide est si importante que l'on ne peut ouvrir les fenêtres d'avantage et encore un seul battant sur les deux... Le pire: ils n'ont pas tort). Mis à part cela je peux donc déterminer que j'ai une certaine chance et là ... c'est le drame. J'entends sa voix, un geste vif de la tête sur ma gauche, je peux déceler une porte ouverte d'où s'échappe ce funeste destin. Je ne suis ici que depuis 15min et il a été décidé de ne pas me laisser plus de répit. C'est donc en sachant sa présence juste à côté que je dois travailler, ce que je parviens à faire difficilement et surtout très mal.
Lasse d'essayer, je décide de rentrer chez moi, tout en me faisant la réflexion sur la création des événements. Est ce moi qui est induit à cela ? J'étais tellement persuadé que je risquais de voir cette personne que je l'ai effectivement rencontré? (Sonoriquement certes mais cela suffit dèja amplement) ou est ce que je savais que j'avais une forte chance de la croiser ? On pourrait parfois croire que la simple activité de notre esprit permet de créer les choses ou du moins de les induire.
Une fois rentré, le corps réclame sa dose de sucre et voilà un paquet de gateau qui disparait dans les méandres d'un estomac qui ne sera probablement rassasié que peu de temps. Dans tout ce grand chaos arrivé précédemment, une chose positive peut en être tiré: j'ai certes peu travaillé, mais au moins ce que j'ai fais je le sais (Depuis le temps que j'étais sur cette foutue règle Cahn, Ingold, Prelog).
Après d'autres heures à réviser, une idée que je cherchais à écrire me parvient soudainement, comme une lumière jaillissant des ténèbres de mon esprit, je tente d'écrire une nouvelle qui me prendra toute ma soirée et donc ce que je consacrais pour mes révisions, ce qui me conduit à croire que je suis soumis à un principe imperturbable qui m'interdit de travailler le soir (Avec une fréquence très régulière).
Lorsque je me couche, ma nouvelle n'est toujours pas terminée mais j'ai l'idée et une bonne partie est faite, il faut donc que je me fasse un grand combat contre cette partie de moi qui ne termine jamais ce qu'elle commence. Avec la ferme envie (la conviction ne m'aidant jamais beaucoup) de continuer demain je me couche dans ce lit devenu froid à cause de mon absence à ses côtés.
Alors que le plaisir d'arrêter de penser arrive doucement, que les ténèbres bienséante viennent délicatement, un fort miaulement  me fait sursauter... ma chatte est en chaleur: C'est partis pour un concerto qui durera sans doute une bonne partie de la nuit.
Par K.E Linmor
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